Pétrole: A quoi faut-il s'attendre pour la réunion de l'OPEP qui démarre ce jeudi?

Pétrole: A quoi faut-il s'attendre pour la réunion de l'OPEP qui démarre ce jeudi?

déc 05, 2019

Les membres de l'OPEP+ se réuniront à Vienne au cours des deux prochains jours, un événement particulièrement attendu par les traders de pétrole.

Il y a eu beaucoup de murmures au cours de la semaine dernière au sujet d’éventuelles réductions de production supplémentaires et même de leur prolongation jusqu'à la fin de l'année prochaine. Cependant, s’agissant de l'OPEP, rien n’est jamais sûr....

Essayant visiblement d'obtenir un coup de pouce pour l’introduction en bourse d'Aramco, l'Arabie Saoudite veut que les membres de l'OPEP+ fournissent la bonne plateforme pour y parvenir. C'est pourquoi il serait logique d’anticiper des appels à des réductions potentiellement plus importantes et plus longues à l'approche de la réunion d'aujourd'hui.

Quelles sont les attentes du marché pour cette réunion de l'OPEP ?

Il y a encore deux semaines, les investisseurs n’anticipaient aucun changement au niveau des réductions de production, et envisageait simplement une extension des réductions actuelles.

Cependant, de récentes rumeurs de réductions supplémentaires de 0,4 million de barils par jour sont récemment apparues, et incitent le marché à anticiper davantage de la part de l’OPEP. Selon Reuters, il se pourrait même que soit discutée la possibilité d’une réduction supplémentaire plus importantes que 400.000 barils par jour.

Cela dit, il reste difficile d’imaginer que la plupart des membres de l'OPEP+ s’engagent dans un renforcement des réductions de production. De ce fait, si une réduction supplémentaire est effectivement décidée, cela constituera une surprise positive pour le pétrole, même si les investisseurs savent bien que l’OPEP peine à faire appliquer les réductions.

Quel est l'obstacle qui empêche des réductions de production plus importantes ?

Le problème avec l'OPEP, c'est que tous les membres sont en faveur d'une réduction des réductions de production (et surtout de l’impact haussier sur le pétrole) - tant que ce n'est pas à eux de le faire.

La proposition de réduction de 0,4 million de barils par jour a été proposée par l'Irak, mais l'Irak lui-même n'a pas réussi à respecter son quota actuel.

Cela a suscité la colère de l'Arabie saoudite, qui s'est manifestée ces derniers jours pour exprimer son mécontentement, en particulier en Irak, au Nigeria et en Russie, qui n'ont pas respecté leur part de l'accord dans le pacte existant.

L'Arabie Saoudite veut booster l'IPO d'Aramco

On sait depuis des semaines que dans la perspective de l'introduction en bourse d'Aramco, l'Arabie saoudite veut augmenter les prix du pétrole et a même voulu " réserver une surprise à la hausse " pour le marché pétrolier en annonçant des réductions de production plus importantes cette semaine.

Cependant, tout s'est mal passé, car nous pouvons voir comment les choses ont évolué au cours de la semaine dernière. Il y a même une chance que la Russie ne s'associe pas à la prolongation du pacte de réduction existant au-delà de son échéance actuelle (mars de l'année prochaine).

Ainsi, si l'Arabie saoudite veut obtenir un meilleur prix de l’Or Noir, elle devra peut-être se battre pour l'obtenir elle-même en réduisant encore plus sa production pour compenser les retards des autres membres de l’OPEP.

De ce fait, l'annonce de réductions plus importantes pourrait donner un coup de pouce aux prix du pétrole, mais elle pourrait ne pas être durable car certains membres pourraient ne pas respecter leur part du marché - comme c'est le cas actuellement.

A l’inverse, si la Russie se retire du pacte existant, il faut s'attendre à ce que les prix chutent fortement en raison des craintes que l'offre sur le marché reste largement excédentaire au début de l'année prochaine.

D'autres facteurs que les quotas de l'OPEP peuvent influencer les prix du pétrole

Enfin, il ne faut pas oublier que d’autres facteurs que les quotas de l’OPEP influenceront le pétrole au cours des prochains mois :

  • La guerre commerciale Chine-USA : En pesant sur les anticipations de demande, le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis a maintenu la pression sur les prix du pétrole. Ainsi, on peut s’attendre à ce que la signature d’un accord de phase 1, ou même une simple trêve formelle puisse soutenir les prix du pétrole.
  • La production de schiste argileux US : Un autre joker concerne la production de schiste argileux US, anticipée en hausse pour 2020, ce que certains analystes mettent en doute. Si la production US ne progresse pas autant que prévu, les prix du pétrole pourraient y trouver une raison logique de progresser.
  • L’influence de Donald Trump : Enfin, il ne faut pas oublier que Donald Trump a des objectifs opposés à ceux de l’OPEP en ce qui concerne le pétrole. Une hausse des prix du brut se répercuterait sur les prix à la pompe, ce qui ne réduirait ses chances de réélection l’année prochaine. Trump devrait donc voir d’un mauvais œil une hausse des prix du pétrole. Or, il dispose de plusieurs armes pour faire chuter le brut. La plus évidente concerne les pays qui font actuellement l’objet de sanctions, à savoir le Venezuela et l’Iran. Trump pourrait décider d’user de dérogations pour permettre à du pétrole de ces deux pays d’arriver sur le marché, avec à la clé une augmentation de l’offre qui aurait un impact mécaniquement baissier sur les prix.

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