Par David Wagner
Dans une note publiée hier, Goldman Sachs (NYSE:GS) prévoit une correction des prix du pétrole après la reprise significative a eu lieu le mois dernier et malgré le fait que l'OPEP et ses alliés aient récemment décidé de prolonger jusqu'en juillet des réductions de production historiquement importantes.
"Avec un pétrole Brent qui dépasse désormais les 40 dollars le baril (le pétrole WTI évolue actuellement vers 38$ le baril), l'offre sera incitée à revenir, mais nous pensons que les risques de baisse ont considérablement augmenté et nous attendons maintenant une correction de 15 à 20 % qui pourrait déjà être en cours après la modeste chute de lundi", a écrit l’équipe de recherche de la banque.
"Malgré la reprise, nous avons hésité à recommander une position acheteuse si tôt dans le cycle pour plusieurs raisons", ont écrit les analystes.
La première raison mise en avant par GS est l'excédent de stocks qui existe toujours, avec environ 1 milliard de barils accumulés alors que l'activité économique et les voyages dans le monde restent largement au point mort en raison de la pandémie de covid-19.
Goldman estime aussi que le rallye des matières premières a "devancé les fondamentaux", à l’exception des métaux, et note que les rendements des indices des matières premières sont toujours bien en deçà de la croissance des prix au comptant.
"Il ne s'agit pas d'écarter la reprise actuelle ou de ne pas reconnaître qu'elle progresse plus vite que prévu, mais plutôt de noter que les prix sont en avance sur le rééquilibrage où le pétrole est encore confronté à un excédent de stocks d'un milliard de barils", a écrit l'équipe de Goldman.
Ils ont ainsi estimé que la reprise actuelle du pétrole est "surprenante étant donné les énormes stocks excédentaires et la demande déprimée auxquels font face les marchés de l'énergie et de l'agriculture".
Notons que plusieurs analystes pensent qu'il faudra attendre le milieu de l'année 2021 pour inverser la tendance à la hausse des stocks, en supposant que la demande se rétablisse et que l'OPEP s'en tienne à ses quotas de réduction, sans compter le fait qu’il existe un risque réel qu’une nouvelle vague de coronavirus vienne à nouveau peser sur la demande.

