Par David Wagner
La propagation du coronavirus fait paniquer les marchés depuis le début de la semaine, alors que la situation semble de plus en plus hors de contrôle, et que l’épidémie ressemble de plus en plus à une pandémie, qui semble quoi qu’il en soit inévitable.
Si cela se confirme, on pourra s’attendre à des chutes sur les marchés bien plus importantes que ce que l’on a pu observer cette semaine.
Supposons le pire des scénarios, dans lequel le coronavirus se propage aux quatre coins du monde, infectant un tiers de la planète avec un taux de mortalité de 1 à 2 %, et donc des dizaines de millions de morts.
Les marchés plongeraient sans aucun doute un peu partout dans le monde. Une chute des marchés de l’ordre de 20 à 30 % voire plus attend sans doute les investisseurs dans ce cas. La gravité du plongeon ne dépendrait pas nécessairement du virus lui-même, mais de ce qu'il expose, qu'il s'agisse d'une crise de la dette, d'une crise politique ou d'autre chose actuellement hors des radars.
Cependant, si tous les marchés seraient durement touchés, plusieurs raisons incitent à penser que ce sont les bourses américaines qui chuteront le plus en cas de pandémie mondial de coronavirus, et ce pour 3 principales raisons :
1. Les marchés US évoluent sur des valorisations records
C’est une question récurrente depuis plusieurs mois maintenant : Les marchés boursiers américains ont-il trop progressé ? Le marché boursier américain se négocie à un ratio cours/bénéfices de 18. C'est plus élevé que presque partout ailleurs dans le monde, et, pour cette simple raison, il y a plus de marge de baisse aux Etats-Unis que nulle part ailleurs dans le monde, en ce qui concerne les grandes places financières.
2. Le système de santé américain est ultra couteux
Le coût des prestations de soins de santé est plus élevé que partout ailleurs dans le monde aux Etats-Unis. De ce fait, il en coûtera aux Américains plus que partout ailleurs pour se faire soigner. Ceux qui n'ont pas d'assurance ne se feront pas soigner (ce qui aggravera la propagation de la maladie et augmentera le taux de mortalité) ou feront faillite. Ceux qui ont une assurance pourraient entrainer la faillite des assureurs eux-mêmes.
3. Une pandémie favoriserait une victoire des démocrates aux élections présidentielles US
C'est peut-être le point le plus important. En cas de pandémie aux États-Unis, il est admis que les chances d'une victoire de Bernie Sanders et d'un balayage démocratique augmenteront considérablement. Le marché ne veut pas de ce genre de gouvernement et, dans le cadre d'une pandémie, les analystes politiques estiment que les États-Unis seraient malléables pour des changements spectaculaires. A ce propos, on notera d’ailleurs que dans une intervention hier soir, le président Donald Trump a estimé qu’une bonne partie de la chute des bourses US est liée à la crainte de voir les démocrates remporter l’élection présidentielle.
Qu'en est-il du dollar américain ?
À l'inverse, le dollar américain devrait ressortir gagnant d’une pandémie de coronavirus grâce à son statut de valeur refuge.
Les habitants des pays émergents durement touchés ou des endroits profondément déstabilisés par le virus chercheront sans aucun doute à acheter des dollars, comme ils l'ont fait lors de la crise financière et immobilière centrée sur les États-Unis.
Cette force du dollar amortira le choc des actions américaines pour les investisseurs étrangers, mais elle aggravera également la souffrance des entreprises américaines orientées vers l'exportation.

