La crise du coronavirus continue d’occuper le devant de la scène sur les marchés financiers, et dans l’actualité en général.
Or, alors que la transparence de la Chine avait été louée au début de l’épidémie, de plus en plus de voix s’élèvent pour pointer du doigt le fait que les chiffres officiellement annoncés sont sans doute gravement minimisés.
Dans cet article, nous vous proposons de faire le point sur quelques avis d’experts et estimations qui laissent penser que la crise du coronavirus est peut-être bien pire qu’on ne le pense, ce qui dans ce cas se révèlera aussi vrai pour son impact économique :
Déjà plus de 50.000 morts et plus de 1.5 million de malades ?
Selon, Guo Wengui, milliardaire chinois exilé aux États-Unis, les chiffres officiels du gouvernement chinois au sujet de l’épidémie de coronavirus sont gravement en dessous de la réalité, d'après des propos rapportés sur le blog Mishtalk..
Se basant sur des informations concernant une activité extrême des crématoriums en Chine, et sur des calculs de base, son estimation est de 1,5 million de cas de coronavirus en Chine, et 50 000 décès par coronavirus rien qu'à Wuhan.
Wengui indique entres autres qu'il y a 49 crématoriums à Wuhan, et qu'ils fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, depuis 17 jours. La semaine dernière, un employé de crématorium identifié comme "M. Yun" a déclaré à un journal chinois que lui et ses collègues travaillaient 24 heures sur 24, et d’autres déclarations concordantes ont pu être enregistrées.
500.000 personnes pourraient être infectées au pic de l’épidémie, qui devrait arriver d’ici la fin du mois
"En supposant que les tendances actuelles se poursuivent, nous prévoyons toujours un pic de la mi-février à la fin février" de cas de virus à Wuhan, a de son côté estimé Adam Kucharski, professeur associé d'épidémiologie des maladies infectieuses, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, auprès de Bloomberg.
Selon ses estimations, au moins une personne sur vingt sera infectée dans la ville au moment où l'épidémie atteindra son point culminant.
Kucharski et ses collègues ont basé leur modélisation sur une série d'hypothèses concernant le virus 2019-nCoV, dont une période d'incubation de 5,2 jours, un délai de 6,1 jours entre l'apparition des symptômes et la confirmation de l'infection, et le fait qu'environ 10 millions de personnes sont exposées au risque d'infection à Wuhan.
Sur cette base, le modèle prévoir donc 500 000 infections cumulées, uniquement à Wuhan.
Un nombre de cas largement sous-estimé car les cas légers seraient peu comptabilisés
Selon une étude de l'Université de Bâle publiée vendredi, le nombre réel de personnes exposées au virus 2019-nCoV à Wuhan "pourrait être largement sous-estimé", a déclaré "En se concentrant sur des milliers de cas graves, les formes légères ou asymptomatiques qui représentent peut-être la majeure partie des infections à CoV 2019 pourraient rester largement méconnues, en particulier pendant la saison de la grippe".
Les statistiques officielles sont probablement une "grave sous-estimation du total", a déclaré Battegay et ses collègues, qui ont rédigé le rapport ajoutant que "la prise en compte de cette sous-estimation fera baisser le taux de mortalité".
C’est un avis partagé par Ian Lipkin, directeur du Centre d'infection et d'immunité de la Mailman School of Public Health de l'université Columbia à New York.
Selon lui, les personnes présentant des symptômes bénins ou non apparents ne sont pas actuellement comptées parmi les cas, a-t-il déclaré aux journalistes dimanche.
Si les mesures prises jusqu'à présent pour contenir l'épidémie sont efficaces, on devrait observer une "réduction spectaculaire" des infections au cours de la troisième ou quatrième semaine de février, a-t-il déclaré. Un printemps plus chaud et précoce pourrait également entraver la transmission, a-t-il ajouté.

